Assied dans le sombre
au pied des lumières
à l’estrade
son ombre tombe sur moi.
Je lui demande, «C’est quoi ton art ?»
«Je me contente à regarder.»
il me dit sans
fla-fla. Et quoi donc riposter ?
En silence nous regardons côte à côte
la
performance de bouffons qui chantent et
qui dansent dans la maison des
artistes.
«Mais tout le monde a un art !» je bougonne,
essayant de cacher
mon mécontentement.
L’homme sans nom
revient
chaque vendredi soir inspecter
les artistes qui jouent à l’estrade, qui dansent
parmi les tables où nous y sommes
assieds côte à côte.
Il ne bouge presque pas, claque des mains
parfois,
ne parle jamais sans être provoqué.
Il regarde uniquement il regarde
et hoche
la tête dans ma direction
avant de partir
pour son destin clandestin.
Dans la nuit
quand le sommeil ne me trouve pas,
c'est pour lui que j'écris,
l'homme qui s'assied
dans le noir de la nuit.
5 comments:
c'est fab, Marjolaine.
"sans fla-fla" - haha. je l'aime...aussi l'homme sans nom. (j'espere que je ne suis pas un bouffon...!)
je pense que je connais cette homme aussi: il s'assied sur mon epaule et il regarde uniquement il regarde...ne parle jamais sans etre provoque...sigh.
everything is better in french. you lose meaning and sound and sense when you translate...this is what I am working on/struggling with in my thesis work
I like the repeated use of the verb "assied" (the verbe we heard most as children, usually in the imperative form)...it subtly becomes a judgment seat. The silent nameless mysterious audience, content to watch from the shadows, but you know he's there.
There is a subtle hide & seek that goes on here too, as when you try to hide your dissatisfaction, and when sleep won't find you. It's like an exploration of the subconscious.
"le noir de la nuit" is such a dark & perfect ending in french (is it cliche? I don't know enough french poetry)...to then translate that to english sounds very bleh & redundant, as just one example of how translations are lame
There's an interesting movement here; the man at first sounds as if he could be a friendly presence, but later on he seems much more ambiguous, potentially judgmental-- and even if he's not, you feel compelled to write to/for/because of him.
The rhythm of the piece is quite captivating.
J'aime le topic, et "son destin clandestin."
J'ai été attiré par la repetition de "assied" et "côte à côte." En fait, je me demande si vous pourriez faire un poème forme de ces deux phrase. (e.g. Quadrille peut-être?)
Je suis heureux de lire vos mots!
moi aussi, j'aime "fla-fla"!
et je suis aussi en accord avec Polly... est-que tu pourrais ecrire un autre poème avec la phrase "côte à côte" en repetition?
excuse my French, it's been years and I'm a lazy girl!
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