Thursday, May 03, 2012

Cyrk



Assied dans le sombre 
au pied des lumières à l’estrade 
son ombre tombe sur moi. 
Je lui demande, «C’est quoi ton art ?»  
                        «Je me contente à regarder.»
il me dit sans fla-fla. Et quoi donc riposter ? 

En silence nous regardons côte à côte 
la performance de bouffons qui chantent et 
qui dansent dans la maison des artistes. 

«Mais tout le monde a un art !» je bougonne, 
essayant de cacher mon mécontentement. 
                        L’homme sans nom 
revient chaque vendredi soir inspecter 
les artistes qui jouent à l’estrade, qui dansent
parmi les tables où nous y sommes 
assieds côte à côte. 
Il ne bouge presque pas, claque des mains parfois, 
ne parle jamais sans être provoqué. 
Il regarde uniquement il regarde   
et hoche la tête dans ma direction 
avant de partir 
pour son destin clandestin. 

Dans la nuit 
quand le sommeil ne me trouve pas,
c'est pour lui que j'écris, 
l'homme qui s'assied
dans le noir de la nuit.



5 comments:

andie said...

c'est fab, Marjolaine.

"sans fla-fla" - haha. je l'aime...aussi l'homme sans nom. (j'espere que je ne suis pas un bouffon...!)

je pense que je connais cette homme aussi: il s'assied sur mon epaule et il regarde uniquement il regarde...ne parle jamais sans etre provoque...sigh.

everything is better in french. you lose meaning and sound and sense when you translate...this is what I am working on/struggling with in my thesis work

I like the repeated use of the verb "assied" (the verbe we heard most as children, usually in the imperative form)...it subtly becomes a judgment seat. The silent nameless mysterious audience, content to watch from the shadows, but you know he's there.

There is a subtle hide & seek that goes on here too, as when you try to hide your dissatisfaction, and when sleep won't find you. It's like an exploration of the subconscious.

"le noir de la nuit" is such a dark & perfect ending in french (is it cliche? I don't know enough french poetry)...to then translate that to english sounds very bleh & redundant, as just one example of how translations are lame

andie said...
This comment has been removed by the author.
Joanne Epp said...

There's an interesting movement here; the man at first sounds as if he could be a friendly presence, but later on he seems much more ambiguous, potentially judgmental-- and even if he's not, you feel compelled to write to/for/because of him.

The rhythm of the piece is quite captivating.

Polly said...

J'aime le topic, et "son destin clandestin."

J'ai été attiré par la repetition de "assied" et "côte à côte." En fait, je me demande si vous pourriez faire un poème forme de ces deux phrase. (e.g. Quadrille peut-être?)

Je suis heureux de lire vos mots!

SMSteele said...

moi aussi, j'aime "fla-fla"!

et je suis aussi en accord avec Polly... est-que tu pourrais ecrire un autre poème avec la phrase "côte à côte" en repetition?

excuse my French, it's been years and I'm a lazy girl!